Portrait

WARREN BARBER

Bonjour, Warren Barber de mon vrai nom Mbéne Betia ,27 ans coiffeur barbier, dreadlockseur, coloriste camerounais.

  • Tu exerces un métier peu valorisé du grand public, comment as-tu commencé ?

Tout a commencé début 2000 à l’époque j’entrais en 6e et j’avais fait la connaissance d’un camarade plus âgé que moi que j’ai toujours considéré comme mon grand frère. Il avait un petit salon de coiffure au quartier. Il aimait le rap moi aussi et le weekend j’allais dans son salon écouter les derniers albums de rap français puis, un jour il a commencé à me montrer comment coiffer. Ensuite il m’a demandé ensuite de venir chaque weekend passer le temps dans son salon , parfois même il me forçait, des fois ça m’énervait vu que moi je fréquentais pour être médecin je ne me voyais pas coiffeur. Avec le temps j’ai commencé à aimer la chose, plus je grandissais plus j’avais envie de chercher à propos du métier. C’est comme ça qu’avec le temps je regardais les photos, les vidéos des coiffeurs et j’essayais de reproduire tout ce que ces coiffeurs faisaient, c’est comme ça que tout est parti.

  • Malgré les difficultés tu as persisté, pourquoi ?

Au départ je faisais ça pour survivre avec le temps je me suis retrouver en train d’aimer la chose au point c’est devenu toute la vie , j’ai réalisé les enjeux ,j’ai vu tout ce qui se faisait ailleurs et je me suis dit je vais instaurer le même système ici ,faire changer le regard de la société camerounaise face à ce métier qui est vu comme un métier de raté alors que c’est la base de tout , sans coiffeur n’y a pas société , pour aller au travail faut se coiffer ,pour draguer une femme faut être bien coiffer , bref pour faire tout faut être bien coiffer , alors pourquoi mal jugé une métier qui façonne la société ? Je veux changer tout ça voilà pourquoi je persiste.

  • Quels sont ces difficultés?

Les difficultés, il y en a plusieurs comme dans tous les secteurs , rien n’est facile. La première difficulté c’est le regard des autres , c’est pourquoi plein de coiffeurs ne s’assument pas , mais moi j’ai bravé ça depuis je m’assume et fièrement. Je dirais aussi le matériel y’en a pas ici y’a juste des trucs de base. Tout ce qu’on trouve ici ne peut pas permettre de se plonger à fond dans le métier du coup faut commencer à l’extérieur .

  • En principe lorsque l’on est passionné on est très créatifs, as-tu des modèles propres à toi ?

Modèles c’est à dire? Si ce sont des personnes sur qui je fais mes coupes oui j’en ai, ou alors une galerie photo de mon travail, ça aussi j’en ai.

  • Es-tu satisfait de ce que tu as accompli ?

Oui jusqu’ici oui, au moins on peut déjà dire que la coiffure masculine camerounaise a désormais une identité, les gens s’intéressent de plus en plus à ce que je fais. Ça me fait plaisir quand un client vient pour ce coiffer, me montre une photo d’une coiffure que j’ai réalisé et me dit qu’il veut la même chose.

  • Des projets pour la suite ?

Oui des gros mêmes, souhaitez moi juste longue vie. Moi aussi je veux voir la coiffure être à la une comme chez les autres, voir les coiffeurs vivre à fond de leur métier. Je suis sur un projet de catalogue de coiffure 100% camerounaise qui verra le jour même comme ça tarde un peu. Dans l’avenir j’aimerais monter un festival dédié à la coiffure masculine. Il réunira tous les acteurs du milieu, question  d’échanger et j’en ai plein d’autres.

  • Où peut-on te trouver ?

Suis à Elig-Essono, girafe hôtel derrière la Sanza. Je réponds au (+237) 696949393, présent sur Instagram via le pseudo @warren_barber237 où l’on peut voir tout mon travail, ou sur Facebook sur la page du salon @bonys_barbershop.

Carmene Nepeyime
Rédactrice-en-chef chez Bee-kome Magazine
http://www.beekome.com